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Histoire * Istor

Marteville et Varin  (1843)

 

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 CORSEUL (parocchia de Corsout), commune formée de l'anc. par. de ce nom, aujourd'hui succursale, chef-lieu de Perception. — Limit. : N. Créhen, Languenan; E. Taden, Quévert.   S. Aucaleuc, Vildé-Guingalan, Saint-Maudez, Plélan-le-Petit, Saint-Michel-de-Plélan; O. Saint-Méloir, Bourseul, Pluduno, Plancouët, Saint-Lourmel. — Princip. vill. : Le Verger, la Porte-Rocher, la Ville-Haute, la Leuvelais, le Tertre, les Petît et Grand Bois-Rolland, la Fouriais, la Noé-Bouëxière, la Hâlouse, laVille-Acca, la Gueurivais, Caulac, la Bardelais, la Grande-Evinais, la Louverie, les Grand et Petit-Trait, la Hingandais, la Grafas, les Villes Martin, le Vau-Morvan, laGarenne, la Ville-Mené, le Vauradeuc, la Maraudais, le Villeu, les Planches, la Ville-Boquet, Tréguihé, la Chauvais, la Hestrinais,  la Tandourie, la Bouetardis, la Sebillais, la Poissonnais, la Restais, la Ville-ès-Foux, la Forestrie, la  Ville-Seneuc, la Penesais, la Ville-Quemat, la Gauvenais, Vildé-Bouétard, la Louvelais, la Nogas, la Ville-Guérin, la Ville-ès-Denis, Tréfort, le Vau-Besry, Saint-Uriac, l'Abbaye-de-Trégouet, la Tourauduis, ChanLeloup, Perro, la Bertranmas, Peignehel, la Hautière, le Bois-Morin, Lisoreux, Montafilan, la Ville-au-Comte, la Ville-Rieux, Trémeur, la Ville-Ory, la Roche, la Lande-Pourrie, la Ville-au-Gris, la Revaudais, la Caunelaye, la Grande-Popelinais, la Ville-Morin, le Tertre-Davy, la Ville-Michel, l'Hôtellerie, rue de l'Abbaye. —  superf. tot. 5532 hect. 82 a. 90 C., dont les princip. div. sont : ter. lab. 4345; prés et pât. 207; bois 112; verg. et jard. 89; landes et incultes 448; étangs 9; sup. des prop. bât. . 31; cont. non imp. 241. Const. divis. 1099; moulins 19 (de Brandefer, de la Ville-Roux, à vent; du Vau-Lambert, de Trémeur, de la Motte-Rieux, de l'Abbye, de Montafilan, de Miroir, à eau). Outre l'église paroissiale, qui est succursale, il y avait un desservant à Nazareth, qu'une loi de 1841 a  réuni à Pluduno. (Voy. ce mot.) Nous n'avons pu séparer ici les villages qui ont suivi cette section de l'ancienne commune de Corseul. — Long-temps, on avait ignoré quelle était la véritable situation  occupée dans l'Armorique par les Curiosolites (1), ce peuple qui prit une part si active aux guerres que nos ancêtres et surtout les Vénètes firent aux Romains. César, dans ses Commentaires, ne les sépare jamais des Rhedones, des Osisimiens, des Diablintes (2), et la position de ces peuples étant connue, on avait été amené à en conclure que le territoire non occupé par eux était celui des Curiosolites; c'était, en un mot, procéder en géographie comme on procède quelquefois dans les sciences mathématiques,  c'est à dire par élimination. On avait donc attribué aux Curiosolites à peu près le territoire qui répond actuellement à la division territoriale des Côtes-du-Nord. — En 1709, un évènement fortuit vint ajouter  cette hypothèse : en extrayant des matériaux destinés aux constructions de Saint-Malo, l'on trouva à  Corseul des vestiges d'antiquités qui, rapprochés du nom de cette localité, donnèrent à penser qu'elle devait avoir été, sinon la plus importante, du moins l'une des plus importantes cités des Curiosolites. — Peu après eut lieu l'enquête dont parle Ogée, enquête dont les résultats sont peut-être les plus précis de tous ceux ceux qui ont été publiés depuis lors. — Il fut donc bien établi que Corseul avait été jadis un point important, et que les Romains l'avaient occupé; que si cette ville avait commencé par être  Curiosolite, elle était postérieurement devenue Romaine. Tout en un mot rappelait la présence de ce dernier peuple, et rien, si ce n'est le nom de Corseul, ne pouvait conduire à penser que les anciens possesseurs du pays eussent eu là une cité puissante.

On dut donc rechercher quel nom avait, pendant la conquête, remplacé celui de Corseul. La Table  Théodosienne indiquait à 25 milles de Condate ou Rennes un Fanum Martis, et à 14 milles de ce dernier, sur le bord de la mer, Reginea, que l'on croit aujourd'hui être Erquy. Or, Corseul était entre Rennes et Erquy, à peu près à 23 milles de la première et à 14 la seconde : Corseul pouvait donc être le Fanum Martis de la Table Théodosienne. Cette hypothèse a été confirmée  par une présomption : on a signalé l'existence, à Corseul, de ruines qu'il est permis de considérer comme les ruines d'un temple. A un kilomètre du bourg, en suivant le chemin de 1'Æstra, on arrive à ces ruines qui, dans le pays, sont nommées les tours du Haut-Bécherel ou du Haut-Tribut, noms de deux villages voisins. C'est un pan de  mur ayant actuellement une figure semi-octogonale, et qui a dû jadis faire partie .../...

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(1) Curiosuelitœ selon Pline l'ancien. — On a donné beaucoup d'étymologies aux noms de Curiusolites et de Corseul, celle de Déric nous semble tellement improbable que nous ne la reprendrons même pas. Il y a seulement quelque apparence que sul, qui chez les Celtes était le dieu de la guerre, mot qui maintenant, on breton, signifie soleil, a dû entrer dans la composition du nom, mais faut-il admettre que cur ait signifié bois, et faut-il expliquer Corseul par les mots bois du dieu du la guerre ? Nous n'osons l'affirmer et partageons à cet égard les doutes de M. Habasque (Notions historiques sur les Côtes-du-Nord, t. 3, pag. 237, note.)

(2) César répète plusieurs fois cette énumération des peuples armoriques, notamment dans le passage suivant : Eodem tempore, a P. Crasso quem cum legione unâ miserat ad Venetos, Unellos, Osisinos, Curiosolitas, Sesuvíos, Rhedones, quœ sunt maritimœ civitates, Oceanumquc attingunt... (Comment., lib. II; voy. aussi ibíd., lib. Ill et VII.)

La proximité de ces divers peuples est encore confirmée par l'Itinéraire d'Antonin, qui énumère ainsi les peuples de la troisième lyonnaise : Civitates Turonum, Cenommorum, Rhedonum, Andegavorum,  Namnetum, Curiosolitarum, Venetum, Osismorum, Diablintum.

Fin des notes de renvoi de cette page

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d'une enceinte octogonale. Ce mur, qui s'élève d'environ 10m au-dessus du sol, est formé par une réunion de pierres disposées en petit appareil. A moitié de sa hauteur on remarque, sur une même ligne, plusieurs trous qui donnent à penser qu'on avait jadis établi un étage sur poutres; ce qui, il faut l'avouer, n'était aucunement usité chez les Romains pour la construction d'un temple. — L'absence de toute décoration architecturale et l'uniformité du petit appareil ont semblé à quelques antiquaires, et notamment à M. Mérimée (1), appuyer l'opinion que jamais cette ruine sans ornements n'a pu être un temple. Nous ne partageons pas cette idée. En effet, autant que le lierre qui recouvre cette vieille muraille a pu nous le permettre, nous avons observé un fait, qui déjà a été avancé, à  savoir, que les angles extérieurs sont dépourvus de petit appareil, et qu'on y remarque des excavations ou sans doute étaient jadis des pierres taillées formant ornement, que l'on aura arrachées pour les employer à de plus modernes constructions. La même observation se répète à l'intérieur, pour les places où ont du exister les pilastres ou les colonnes. — A diverses époques des fouilles ont été pratiquées dans ces ruines; l'on y a trouvé des médailles et des objets en or; des morceaux de tuiles imbriquées; des fragments de marbre poli d'un côté, et portant de l'autre des traces de scellement; un stylobate de forme élégante et qui paraissait destiné à supporter une statue, peut-être celle du Dieu, etc. (2) — Il est donc probable que, du temps des Romains, un temple s'élevait en ce lieu. Nous ajouterons que cette présomption, rapprochée de celle que le Fanum Martis de la Table Théodosienne pouvait être situé où est actuellement Corseul, donne à cette dernière opinion beaucoup de vraisemblance; mais nous nous garderons bien d'affirmer que ces suppositions aient plus de valeur que n'en peuvent avoir de simples probabilités (3).

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(1) Souvenirs d'un Voyage dans l'Ouest.

(2) Annuaire Dinannais, année 1836, p. 118.

On lit dans le même ouvrage :

"Tout près du temple est une ferme nommée le Haut-Bécherel. Dans la grange, dont une partie est de  construction semblable à celle du temple, se fit une excavation considérable, il y a peu d'années. Les fermiers y descendirent et se trouvèrent dans un souterrain voûté, parfaitement construit, qui se dirigeait vers le temple de Mars. Ils craignirent d'aller plus loin et s'empressèrent de combler l'excavation. Cette découverte, jointe à plusieurs constructions romaines qui se voient aussi au même lieu, doit faire présumer que là était l'habitation des prêtres qui desservaient le temple. Il serait à désirer que le propriétaire de cette ferme réalisât enfin le projet qu'il a manifesté d'y faire exécuter des fouilles. 

"Il existait encore, il y a peu d'années, près ces lieux, une antique chapelle consacrée à saint Turiac. Le propriétaire, professeur de philosophie au petit séminaire de Dinan, vient de la faire convertir en maison d'habitation. C'est à deux pas de cette maison que coule la belle fontaine de Saint Turiac. Une ancienne tradition populaire nous apprend qu'elle servait aux lustrations des pèlerins qui venaient sacrifier au temple de Mars. La forme et le nom de cette fontaine, la proximité du temple, viennent confirmer cette tradition. Deux rangs de larges quartiers de granite en forment le bassin; ils pouvaient servir de siège au pèlerin fatigue, tandis qu'il se purifiait dans cette onde, toujours d'une fraîcheur bienfaisante, des souillures que le voyage avait imprimées aux parties inférieures de son corps.

"Lorsque la religion du Christ vint remplacer le polythéisme dans la Bretagne, le peuple ne pouvait abandonner le culte des fontaines. Alors les missionnaires les honorèrent des noms de saints pour servir de barrière à la superstition (*). Près la fontaine, fut construite la chapelle dont je viens de parler, qui reçut pour patron un saint inconnu des légendaires et dont le nom est le même que celui que portait originairement la fontaine. L'étymologie de son nom, puisée dans le dialecte en usage à cette époque dans ce pays, correspond au nom français de fontaine de la Tour, expression qui, dans les campagnes environnantes, sert encore à désigner le temple de Mars.

(5) L'on s'est demandé si ce temple avait pu, d'après sa forme, être couvert, et s'il ne fallait pas plutôt y voir un de ces hypètres ou temples découverts dont l'on retrouve des traces dans la haute Grèce. Sans examiner avec Vitruve s'il y a jamais eu de véritables hypètres, ou si plutôt ce ne sont que des temples inachevés, opinion plus architecturale qu'historique, nous ferons observer qu'un ancien mémoire lu à 1'Acadérnie des sciences et cité par Déric (Histoire ecclésiast. de Bretagne) a constaté que jadis il y avait au sommet du mur une corniche et un attique.

(*) Déric., Histoire écclésiast. de Bretagne, t. IV, p. 560 et Suiv.

Fin des notes de renvois

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Il est rare que l'on fouille la terre aux environs de Corseul sans découvrir quelques vestiges de l'antiquité, comme par exemple des médailles qui généralement ne vont pas au›delà de Constantin II (1). Celles-ci sont le plus fréquemment de Néron, de Trajan, d'Adrien et des Antonins. On a, à diverses époques, trouvé aussi une pipe en terre rouge(2), des poteries qui rappellent exactement celles d'Herculanum, des marbres, etc. — En 1777, un cultivateur découvrit, dans un champ nommé le Ré, une ancienne construction, dans laquelle on recueillit une grande quantité de médailles, de vases, de bustes, de petites statues (3), ainsi que d'ustensiles de ménage, parmi lesquels une balance dite romaine, un sceau d'or en forme d'anneau à la Chevalière; sur ce dernier sont gravés délicatement deux guerriers presque nus et entrelacés, un bouclier rond avec tête de méduse (4), etc. Enfin on a trouvé aussi fréquemment des pavés de rez-de-chaussée, avec dessins de plusieurs couleurs ou espèces de mosaïques (5). — En l825, on fit, en nivelant la route vicinale de Dinan à Plancouët, un autre genre de découverte : c'étaient des tombeaux en briques et contenant des ossements beaucoup plus grands que ceux du reliquaire de Corseul (6). — D''autres ossements avaient été, dit-on, découverts aussi  à l'extrémité du village de l'Hôtellerie; mais ils ont été reconnus n'être que des ossements d'animaux (7). — Enfin l'énorme quantité de coquilles d'huîtres que l'on rencontre dans tous ces environs a donné lieu à des conjectures aussi actives que celles qu'excitaient les véritables antiquités historiques. Les uns ont dit que les Curiosolites s'en servaient pour couvrir leurs maisons; les autres qu'on les entassait le long du parement extérieur des murs pour faciliter l'écoulement des eaux. L'opinion la plus raisonnable est celle qui a été exprimée dans l'Annuaire Dinannais (loc. cit.); l'auteur, M. L. D., ne cherchant la cause de la présence de ces écailles que dans un effet simple, l'attribue au goût que les Romains avaient pour les huîtres, et cite fort a propos ce vers d'Ausonne, suffisant à prouver que les huîtres de nos mers étaient recherchées de ses contemporains :

Sunt et Armorici qui laudent ostrea ponti.

Une dernière question nous reste à examiner briève- 

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(1) Dom Lobineau a dit qu'il avait été trouvé à Corseul beaucoup de médailles du Bas-Empire; c'est un fait qui ne nous semble pas constant. — On dit, d'un autre côté, dans l'Annuaire Dinannais (loc. cit.) qu'on a trouvé, en 18311. une médaille en argent attribuée à Charlemagne; cette médaille aurait d'un côté une croix, et pour légende CARLUS REX FRANCORUM; au revers K. R. L. S., avec
la légende METULLO, nom de la ville où elle aurait été frappée. — Cette médaille, attribuée à tort à Charlemagne, est de Charles-le-Chauve, et on en connaît beaucoup de pareilles. Très-probablement c'est une pièce perdue par quelque voyageur.

Metullo a fait discussion dans la science numismatique; on l'a traduit jusqu'à présent par des mots d'une explication fort incertaine.

C'est peut-être le cas de parler ici d'une autre médaille qui portait, disait-on, en exergue, les mots CIVITAS CURIOSOLITUM. Nous avons acquis la certitude que cette médaille n'avait pas été trouvée, et que cette découverte n'avait point été sérieusement annoncée.

(2) Voy. Lyc. Armoricain, t. I, p. 403.

(3) Voy. Habasque, Notions Historiques sur les (Côtes-du-Nord . t. III, p. 250.

(4) Annuaire Dinannais (loc. cit. )

(5) Lyc. Armoricain, ibid.

(6) Lyc. Armoricain; Annuaire Dinannais (loc. cit.)

Les fouilles de 1820 ont été l'occasion d'un mémoire fort intéressant, et surtout très-véridique dans ses détails, que publia M. Lecourt de la Villethassetlz, et dont M. Laporte a reproduit les résultats principaux avec une sécheresse vraiment inconcevable. (Recherches sur la Bretagne; Rennes, 1823, Vatar.) — Entre autres choses curieuses trouvées à Corseul,  M. Lecourt de la Villethassetz énumérait : une statue du Silence, et une autre qui semblait  être de Diane. M. Revez a reproduit cette dernière.

(7) Annuaire Dinannais (loc. cit.)

Fin des notes de renvois.

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-ment : A quelle époque Corseul a-t-il été détruit, et de ville est-il devenu bourg ? L'on a cru que la date de cette catastrophe devait être la même que celle des plus récentes médailles trouvées dans toutes les fouilles que l'on a faites en ces lieux. Il est certain qu'on ne peut l'assigner qu'a l'une des époques où notre histoire constate de grands bouleversements. D'un autre côté, ce ne doit être que postérieurement aux dernières insurrections armoricaines contre les Romains que nous pouvons chercher des probabilités sur cet évènement. Ainsi le passage de Maxime de la Grande-Bretagne dans les Gaules; l'une des cruelles expéditions de Charlemagne en Bretagne; ou celle de Clotaire contre son fils Chramme, sont les époques probables de la ruine de Corseul, si tant est qu'il faille admettre que cette ville n'a pas subi deux catastrophes du même genre (1). Quant à l'opinion de quelques auteurs sur ce que Corseul aurait été détruit lors de l'expédition de Louis-le-Débonnaire, nous ne saurions l'admettre. En effet, dès le IXè  siècle, l'histoire générale ayant quitté la période traditionnelle pour entrer dans la période écrite, il serait plus que difficile de penser qu'une ville importante eut été effacée du sol sans qu'aucun contemporain eut transmis a l'histoire un fait d'une telle valeur. — Nous le répétons donc en terminant, il n'y a sur Corseul rien de certain, du moins quant à son origine, quant à son existence, et quant à sa fin. Un seul fait apparaît sans laisser le doute après lui, c'est que ce bourg a été jadis une ville importante, et que les Romains y ont eu l'un de leurs principaux établissements en Bretagne. Ce que nous avons dit des voies romaines (voy. ci-dessus, notes ajoutées au texte ), des débris de tout genre qu'on trouve en ces lieux, de l'étendue de ces ruines, sert aussi à démontrer jusqu'à l'évidence un fait que rien ne saurait contredire. Maintenant peut-on attendre du temps de plus amples documents? Nous osons l'espérer. En  effet, s'il est en histoire des évènements qu'il faut renoncer a élucider autrement que par les hypothèses qui de jour en jour se multiplient et rendent de plus en plus obscurs les souvenirs des temps passés, il n'en saurait être de même dans le cas présent. Tant que l'on n'aura pas désespéré de découvrir de nouvelles ruines a Corseul, cet Herculanum de la Bretagne, on n'aura pas non plus renoncé à l'espoir de réunir de nouveaux documents sur cette intéressante localité. (Voir d'ailleurs sur cet article Dom Lobineau, t. l; Annuaire Dinannais, année 1836, p. 92 et suiv.; Habasque, Notions historiques, géographiques, statistiques sur les Côtes-du-Nord, t. III, p. 234 et suiv.; Histoire de la Petite-Bretagne,   par l'abbé Manet, t. I, p. 134 à 144, t. II, p. 141; Mérimée, Souvenirs d'un voyage dans l'ouest; abbé Deric, Introduction à l'Histoire ecclésiastique de Bretagne, t. I; Histoire de l'Académie des inscriptions et Belles Lettres, t. l, p. 291, et suiv.; Lyc. Armoricain, t. I, p. II, 401; t. II, p. 20, 21 et suiv., 89 et suiv., 268; t. IV, p. 302, 309.)

La route départementale n° 13 des Côtes-du- Nord, dite de Lamballe à Dinard, passe vers la limite nord-ouest de la commune de Corseul, dans la direction ouest sud-ouest à nord-nord-est. — La route de grande communication de Plancouët à Dinan passe dans le bourg même de Corseul, et court dans la commune nord-ouest à sud-est. — On parle le français.

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(1) M. Habasque (loc. cit., t. III, p. 257) cite une lettre de M. Dubreil de Pontbriand, homme très-érudit et ancien maire de Corseul, qui soutient cette dernière hypothèse : "Mon sentiment personnel, dit-il, est que la première destruction de Corseul a eu lieu au commencement du cinquième siècle, lors de la fameuse invasion des Barbares; et ce qui fut alors détruit en ce lieu était de pure construction romaine, comme le prouve tout ce qu'on retrouve d'intact à cinq et six pieds de profondeur : c'est un point sur lequel les fouilles multipliées que j'ai fait faire ne peuvent me laisser aucun doute. Je suppose, continue M. Dubreil . qu'après la première destruction de Corseul, la ville fut rebâtie, mais avec des différences très remarquables dans le système de construction et dans la qualité des matériaux. En effet, les matériaux de cette seconde ville sont en général plus grands, et ils ne sont plus ni posés ni taillés avec la même régularité. D'ailleurs, poursuit-il, on trouve çà et là, dans ses murs, quelques pierres qui ont appartenu à un autre genre de construction, et qui toutes sont romaines, s'il est permis de s'exprimer ainsi. On les reconnaît à ce qu'elles sont liées entre elles au moyen d'un ciment fort supérieur à celui dont on s'est servi pour la construction de la seconde ville." Tout nous porte à partager  entièrement cette opinion de M. de Pontbriant.

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Note personnelle J.-C. Even : l'expédition de Maxime en 383 n'est pas passée par ce qui allait devenir la Petite Bretagne, mais par la baie de Somme, en Picardie.

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